Ekoplaza devient Färm et s’ancre en Flandre
Beaucoup de choses ont changé chez Färm depuis notre visite dans leur magasin bruxellois il y a 5 ans. Cette entreprise est désormais sous l'égide de Biotope et dès le mois de mars, les 7 magasins Ekoplaza arboreront l'enseigne Färm. Färm s'impose ainsi définitivement en Flandre. La mission de l'entreprise reste la même: «Notre volonté est de changer le monde en donnant envie aux consommateurs de mieux manger», explique Alexis Descampe de Färm.
Une filiale de Biotope
Depuis 2013
Il y a cinq ans, en décembre 2020, nous avons visité un magasin Färm à Uccle. À l'époque, Färm existait depuis 7 ans. Cette entreprise a été fondée en 2013 par Alexis Descampe et 5 autres personnes. Nous avons appris que les magasins Ekoplaza étaient en train d'être transformés en magasins Färm. Et nous nous sommes demandé quels changements avaient eu lieu au cours des cinq dernières années. Personne n’est mieux placé qu’Alexis Descampe pour nous expliquer tout ça.
En Flandre aussi
L'histoire de Färm a commencé à Bruxelles, en 2013. Au fil des ans, de nouveaux magasins ont ouvert leurs portes petit à petit. La Wallonie a suivi. Il y a cinq ans, Färm comptait 16 magasins, dont la moitié exploités par des franchisés. Ce n'est que plus tard que la Flandre a découvert Färm, grâce au magasin de la Bongenotenlaan à Louvain. Mais le principal changement pour Färm ces dernières années est que l'entreprise a cessé d’opérer seule. En 2022, elle a rejoint Biotope, qui comprenait déjà UDEA et Ekoplaza, ainsi que la centrale d'achat belge Biofresh. Biotope a pour objectif de promouvoir les aliments biologiques de haute qualité en Belgique et aux Pays-Bas. Récemment (mai 2025), le fonds d'investissement belge The Nest a également rejoint Biotope.
D’Ekoplaza à Färm
Première transformation à Louvain
Contrairement à Färm, Ekoplaza est très actif en Flandre: dans la région de Gand, à Waregem, Bruges, Berchem et Louvain. Les sept succursales feront l'objet d'un rebranding et porteront bientôt l'enseigne Färm. L'ancien Ekoplaza de Louvain (à Craenendonck) est déjà devenu un magasin Färm (le Färm de la Bongenotenlaan a fermé ses portes) et servira de baromètre pour les transformations à venir. Les six autres Ekoplaza suivront d'ici le deuxième trimestre 2026. Les consommateurs belges désireux de consommer bio pourront alors se rendre dans 39 magasins Färm, dont 10 exploités par des franchisés. «Nous avons choisi Louvain pour la première transformation, car cette ville sera un bon indicateur pour les transformations à venir» explique Alexis Descampe.
Davantage de fruits, de légumes et de produits en vrac
Le changement se situe-t-il uniquement au niveau de la marque ou s’étend-il à d’autres aspects? Alexis Descampe: «La plus grande différence pour les 7 Ekoplaza qui deviendront des magasins Färm est que leur offre de fruits et légumes sera considérablement élargie, tout comme le nombre de produits en vrac. En outre, nos prix vont devenir plus accessibles. Certains produits feront l'objet d'une révision de prix, ce qui nous permettra de croître encore davantage.»
Toujours une coopérative
Maintenant que Färm est sous l'égide de Biotope, l'entreprise est-elle encore une coopérative comme il y a 5 ans et les clients peuvent-ils encore acheter des parts? «Je peux répondre par l’affirmative à la première question», explique Alexis Descampe. «Les aspects sociaux et humains restent la principale motivation de Färm. En revanche, les particuliers ne peuvent plus acheter d'actions Färm. Pour être clair, le groupe Biotope n'est pas une coopérative et lorsque Färm a rejoint Biotope en 2022, nous avons modifié notre statut afin de pouvoir fonctionner comme une association coopérative au sein d'un ‘réseau classique’. Notre mission reste la même: vendre des produits bio pour un monde meilleur. Nous voulons changer le monde en donnant envie aux consommateurs de mieux manger.»
LA bio, une philosophie
Chez Färm, nous continuons à parler de LA bio, afin de nous distinguer du bio. Avec LA bio, nous répondons à davantage d'exigences que celles figurant dans le cahier des charges du bio, notamment au niveau social: en matière de qualité, de responsabilité éthique, d'origine des produits, de longueur de la chaîne logistique, etc. Le label bio est nécessaire, mais pas suffisant. Dans nos magasins, vous ne trouverez par exemple pas de miel provenant de l'autre bout du monde, pas d’avocat quand ce n’est pas la saison en Europe et tout notre chocolat est issu du commerce équitable. LA bio est une philosophie qui concerne une manière de consommer plus simple, plus savoureuse et positive à tous égards», précise Alexis Descampe.
«Nous encourageons chaque magasin à s'approvisionner en fruits et légumes auprès de commerçants ultra-locaux, c'est-à-dire situés dans un rayon de 50 km»
Plus le score est élevé, plus le produit est durable
Moins de 50 km
D'où proviennent les produits que vous achetez chez Färm? «De producteurs situés au plus près de nos magasins. Nous ne vendons aucun produit acheminé par avion. Nous encourageons chaque magasin à s'approvisionner en fruits et légumes auprès de commerçants ultra-locaux, c'est-à-dire situés dans un rayon de 50 km. Il va de soi qu'un producteur préfère livrer de plus grandes quantités en une seule fois. Cela se fait alors via notre centrale, d'où la distribution est assurée vers tous nos établissements.»
Davantage de produits non alimentaires et à emporter
La gamme de produits a-t-elle changé par rapport à il y a 5 ans? «Oui, nous avons considérablement élargi les gammes de produits d'hygiène, de cosmétiques, de compléments alimentaires, etc. En outre, la gamme ‘à emporter’ (soupes, plats préparés, etc.) a été fortement élargie grâce à notre cuisine centrale efficace.»
Origine des produits
Färm permet toujours à ses clients de connaître facilement l'origine des produits: vert foncé pour les produits belges, vert clair pour ceux cultivés en Europe et orange pour les fruits et légumes provenant de pays hors Europe. «Nous sommes en train de mettre au point notre système informatique afin d'améliorer le traitement des données, ce qui nous permettra de réintroduire le ‘Färmascope’. Chaque produit est examiné à la loupe et évalué selon des critères tels que: produit par une entreprise non cotée en bourse, traçabilité, prix correct, vrac, etc. Plus le score est élevé, plus le produit est durable», explique Alexis Descampe.
Bon pour la planète
Une croissance accrue en perspective
Le lecteur se souviendra peut-être que le bio a connu un énorme essor au début de la période du COVID-19. «En effet, mais il y a eu rapidement une forte baisse jusqu'à la mi-2022. Depuis mi-2023, les choses se sont améliorées et, malgré l'inflation, nous avons recommencé à croître. Compte tenu de la situation géopolitique complexe actuelle, on pourrait penser que les choses ne vont pas dans le bon sens, mais heureusement, le consommateur moyen commence à comprendre que ce qui est bon pour lui l’est également pour la planète. Et c'est là que le bio a sa place», explique Alexis Descampe.
Pas nécessairement plus cher
Alexis Descampe explique que le bio est en train de se défaire de son image ‘bobo’ (bourgeois-bohème, c'est-à-dire bourgeois/élitiste-artistique/non conventionnel) et du stéréotype selon lequel il est forcément plus cher. Le bio est synonyme de produits qui ont du goût, qui sont délicieux et qui rendent les gens heureux. Nous allons encore renforcer ce positionnement positif.»

L'avenir
Cela nous amène tout naturellement à notre dernière question: quelle est la vision d’Alexis Descampe pour l'avenir? «Malgré les tensions géopolitiques et le pouvoir d'achat qui n'est pas toujours favorable, nous restons convaincus que le bio a sa place dans le secteur alimentaire. Les gens veulent prendre soin d'eux et se faire plaisir avec de bons produits. Färm répond à cette attente. Seuls 5% des dépenses alimentaires sont consacrées au bio. Il y a un fameux potentiel de croissance. Nous envisageons donc l'avenir avec optimisme», conclut Alexis Descampe.

