Systemes de caisse

Les géants américains rendent les paiements électroniques plus coûteux pour les commerçants belges

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Les commerçants ne voient guère leurs coûts pour les paiements électroniques diminuer alors que les acteurs internationaux, tels que Visa ou Mastercard, continuent d'augmenter leurs frais. Pour les petits entrepreneurs, cette image des coûts reste insuffisamment transparente, note l'Observatoire des prix du Service public fédéral Économie.

Dimitri Van Moerkercke - 8 juin 2026

Un fort pouvoir de négociation

Bien que le gouvernement fédéral ait abaissé le plafond des frais bancaires, les coûts des paiements électroniques ne diminuent guère pour les commerçants belges. C'est ce que révèle une étude de l'Observatoire des prix du SPF Economie. Les coupables sont les acteurs internationaux tels que Visa et Mastercard, qui ne cessent d'augmenter leurs frais (scheme fees dans le jargon) en raison de leur fort pouvoir de négociation. Entre 2015 et 2020, les frais pour les paiements domestiques en Belgique ont déjà doublé, indique l'Observatoire des prix. Les commerçants sont obligés de les proposer également aux clients internationaux. Bancontact ne pouvant être utilisé par les clients internationaux, il est important que les commerçants disposent d'au moins une licence auprès d'un acteur permettant ce type de paiements. De cette manière, les clients étrangers peuvent également effectuer des transactions en Belgique.

Cela semble évident : si vous achetez quelque chose dans un magasin ou en ligne à l'aide d'une carte bancaire, vous ne payez que le produit ou le service, sans frais supplémentaires parce que vous payez par voie électronique. Pour ceux qui se trouvent de l'autre côté de la caisse, la situation est différente. Les commerçants doivent payer des frais aux entreprises qui rendent le paiement électronique possible. Pensez aux "acquéreurs", tels que Worldline ou CCV, qui veillent à ce que les transactions soient effectuées, aux fournisseurs de systèmes de paiement, tels que Bancontact, Mastercard et Visa, ou aux banques qui émettent les cartes de paiement et gèrent le compte du commerçant.

Les coûts encourus par un commerçant pour ce faire sont un mélange des différents frais facturés par toutes les parties impliquées. Le commerçant ne le sait pas forcément lui-même. Il souscrit souvent un abonnement auprès d'une société de traitement des paiements ou d'une banque qui rembourse ces parties en échange d'une commission convenue.

Selon une nouvelle étude de l'Observatoire des prix du Service public fédéral Économie, le prix de revient mensuel pour les commerçants oscille entre 0,2 et 0,9 % du chiffre d'affaires. Ce coût dépend du nombre de transactions par mois, du montant payé, du mode de paiement (en magasin ou en ligne) et de la carte de débit ou de crédit utilisée. La loi interdit aux commerçants de répercuter ces coûts directement sur leurs clients.

Bancontact, un briseur de prix

Les paiements effectués via Bancontact, leader du marché belge, sont nettement moins chers que ceux effectués via Visa ou Mastercard :

En magasin

Bancontact coûte de 0,05 à 0,12 € par transaction (contre 0,14 à 0,50 € pour Visa/Mastercard).

En ligne

Bancontact coûte de 0,33 à 0,39 € par transaction (contre 0,53 à 3,95 € avec Visa/Mastercard).

L'Observatoire des prix met en garde contre une forte augmentation des coûts pour les commerçants en cas de disparition du système national Bancontact.

Manque de transparence

Pour les entrepreneurs, en particulier les petits indépendants, les coûts de transaction totaux (entre 0,2 % et 0,9 % du chiffre d'affaires) manquent de transparence. Pour y remédier, le ministre fédéral de l'Économie David Clarinval lancera à la fin de l'année un outil officiel de comparaison des prix.

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Manque de clarté sur les chèques-repas et les éco-chèques

Le coût des "chèques sociaux" (chèques-repas, éco-chèques et chèques-services) est également peu reflété en ligne. En moyenne, un commerçant paie
- Chèques-repas : 1,5 % à 1,55 % du montant
- éco-chèques : 2,75 % du montant.

Ces coûts sont moins élevés si le commerçant est membre d'une fédération sectorielle. Ils sont alors de 1,05 à 1,35 %. Pour les écochèques, les frais de gestion s'élèvent à 2,75 %. Là aussi, l'adhésion à une fédération sectorielle est payante. Les frais de gestion tombent alors à 2 % ou moins.

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