Accessoires pour le tabac

Une enquête sur le tabac et la vape révèle des chiffres univoques

100% des répondants jugent les efforts des pouvoirs publics insuffisants face au commerce illégal de produits de vapotage

AI beeld enquete

Le durcissement de la législation sur le tabac et la vape, la concurrence du marché illégal et le recul des ventes de cigarettes sont autant de préoccupations pour les libraires-presse belges. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Kiosk avant les vacances d’été.

Dimitri Van Moerkercke - 13 octobre 2026

Frustration

Le marché du tabac et de la vape est sous pression depuis un certain temps déjà. La hausse des accises, le durcissement des conditions de vente, les nouvelles restrictions sur les produits et la concurrence croissante des canaux de vente étrangers et illégaux posent des défis majeurs aux libraires-presse. Dans le même temps, de nombreux commerçants indépendants ont de plus en plus le sentiment que les pouvoirs publics séviront de plus en plus contre le commerce légal, tandis que les vendeurs illégaux sont bien moins gênés par les contrôles.

Afin de recenser ces préoccupations, Kiosk a lancé une vaste enquête avant les vacances d’été. De nombreux libraires-presse, répartis dans tout le pays, ont pris le temps de donner leur avis sur la législation relative au tabac et à la vape, les contrôles d’âge, la lutte contre le commerce illégal et l’évolution de leur chiffre d’affaires.

Les résultats ne laissent guère de place à l’imagination. La frustration est profonde, même s’il apparaît parallèlement que la grande majorité des personnes interrogées déclare prendre très au sérieux sa responsabilité lors de la vente de produits soumis à une restriction d’âge.

Interdiction des arômes

L’une des mesures les plus débattues est l’interdiction prévue des cigarettes électroniques aromatisées à compter du 1er septembre 2028. Le gouvernement souhaite notamment éviter ainsi que les jeunes ne se mettent à vapoter en raison de saveurs attrayantes. Cette mesure ne rencontre toutefois que très peu de compréhension auprès des buralistes interrogés.

Pas moins de 95,4% des personnes interrogées estiment que ce n’est pas une bonne chose que les cigarettes électroniques aromatisées ne puissent plus être vendues à partir de cette date. Seuls 4,6% soutiennent l’interdiction prévue. Même lorsqu’on leur demande spécifiquement si un nombre limité d’arômes devrait rester disponible pour les consommateurs adultes, le soutien s’avère particulièrement important. Pas moins de 87,4% estiment que cela doit rester possible, contre 12,6% qui n’y sont pas favorables.

Vraag 1 tabaksenquete_FR

Vraag 2 tabaksenquete_FR
95,4% rejettent l’interdiction prévue des arômes. Par ailleurs, 87,4% estiment qu’un nombre limité d’arômes doit rester disponible pour les adultes

Risques pour la santé

Le rejet de l’interdiction des arômes ne signifie pas pour autant que les buralistes partagent tous le même point de vue sur les risques pour la santé liés au vapotage. À la question de savoir si le vapotage est aussi nocif pour la santé que le tabagisme classique, 24,1% répondent par l’affirmative. Une majorité de 57,5% estime que les deux ne sont pas aussi nocifs l’un que l’autre, tandis que 18,4% déclarent ne pas savoir.

Il est donc frappant de constater qu’il existe un consensus marqué sur le maintien des arômes pour les adultes, mais beaucoup moins sur l’impact du vapotage sur la santé. Il convient de noter que l’enquête ne précise pas si les personnes interrogées qui ne considèrent pas le vapotage comme tout aussi nocif le jugent moins nocif ou, au contraire, plus nocif.

Vraag 3 tabaksenquete_FR
57,5% estiment que le vapotage n’est pas aussi nocif que le tabagisme classique. Près d’un répondant sur cinq n’a pas d’avis tranché à ce sujet

Pour les buralistes, la réalité commerciale joue sans doute également un rôle. Si l’offre légale venait à être encore restreinte, on craint que les consommateurs ne se tournent vers des fournisseurs étrangers ou des circuits de vente illégaux. 

Contrôle de l’âge

Les libraires-presse prennent très au sérieux leur responsabilité lors de la vente de produits soumis à une restriction d’âge. Pas moins de 92% des personnes interrogées déclarent vérifier l’âge des jeunes qui souhaitent acheter des cigarettes électroniques, des e-liquides ou des produits du tabac traditionnels.

Ce chiffre élevé corrobore les conclusions du SPF Santé publique citées par Kiosk. Selon les chiffres du service, les librairies-presse obtiennent de meilleurs résultats lors des contrôles de 'mystery shopping' que divers autres points de vente, notamment les magasins de nuit, les magasins de jour, les stations-service et les grands magasins. Cela vaut pour le contrôle de la vente de tabac et d’alcool, tandis que les libraires-presse obtiennent également des résultats relativement bons en matière de produits de loterie.

L’enquête révèle toutefois que les outils technologiques de vérification de l’âge sont loin d’être généralisés. Seuls 35,6% disposent d’un système spécifique de vérification de l’âge, tel que PASSage, qui utilise l’intelligence artificielle. Près des deux tiers (63,2%) ne disposent pas d’un tel système, tandis que 1,1% donnent une autre réponse.

Cela signifie que de nombreux commerçants effectuent les contrôles requis sans aide numérique. Les systèmes technologiques peuvent aider le personnel à accomplir cette tâche de manière cohérente, mais ils ne déchargent pas le vendeur de sa responsabilité légale.

Vraag 4 tabaksenquete_FR

Vraag 5 tabaksenquete_FR
92% déclarent vérifier l’âge des jeunes clients, mais seuls 35,6% disposent d’un système spécifique de vérification de l’âge

Commerce illégal de cigarettes électroniques

Le résultat le plus marquant de l’ensemble de l’enquête concerne le circuit illégal de la vape. À la question de savoir si les pouvoirs publics déploient suffisamment d’efforts pour lutter contre la vente illégale via les réseaux sociaux, les boutiques en ligne, les magasins de nuit et dans la rue, tous les participants répondent par la négative. 100% des personnes interrogées estiment donc que les pouvoirs publics ne font pas le nécessaire dans la lutte contre le commerce illégal de cigarettes électroniques. Un résultat d’un consensus exceptionnel qui montre à quel point cette problématique préoccupe les libraires-presse interrogés.

Cette frustration est encore renforcée par le sentiment que les contrôles sont répartis de manière inégale. Pas moins de 86,2% estiment que les pouvoirs publics se concentrent trop sur le circuit de vente régulier, notamment les librairies-presse, les stations-service, les supérettes et les grandes surfaces. Les 13,8% restants ne partagent pas cet avis et soulignent, dans les réponses proposées, que leurs collègues commerçants ne respectent pas toujours les règles non plus.

Vraag 6 tabaksenquete_FR

Vraag 7 tabaksenquete_FR
Tous les répondants estiment que les pouvoirs publics n’interviennent pas suffisamment contre le commerce illégal de cigarettes électroniques. Par ailleurs, 86,2% considèrent que les contrôles sont trop axés sur les points de vente traditionnels

Selon la majorité des répondants, le problème ne réside donc pas nécessairement dans la réalisation de contrôles, mais surtout dans la manière dont l’accent est mis. Les libraires-presse qui vendent leurs produits conformément aux dispositions légales doivent se conformer à des obligations de plus en plus nombreuses. Dans le même temps, ils constatent que les vendeurs illégaux parviennent plus facilement à se soustraire à ces règles.

Cela engendre un sentiment de concurrence déloyale. Lorsque certains produits disparaissent de l’assortiment légal, mais restent disponibles via d’autres canaux, le commerce légal risque de perdre des clients sans que la demande pour ces produits ne disparaisse nécessairement.

Baisse des ventes de cigarettes

Outre la réglementation et le commerce illégal de cigarettes électroniques, Kiosk s’est également penché sur l’évolution des ventes de cigarettes classiques. En raison de la hausse des prix du tabac et des écarts de prix par rapport à l’étranger, les consommateurs pourraient se tourner plus souvent vers des canaux d’achat alternatifs.

Dans quelle mesure les libraires-presse ressentent-ils cette évolution dans leurs chiffres de vente? L’enquête leur a demandé de comparer leurs ventes de cigarettes en 2025 à celles de 2024. Les résultats montrent des différences considérables d’un magasin à l’autre, mais soulignent surtout que certains marchands font état de baisses particulièrement importantes. Plus de la moitié des personnes interrogées (55,2%) situent cette évolution dans la catégorie la plus basse, soit une baisse comprise entre 0 et 20%. Près d’un quart (24,1%) fait état d’un recul compris entre 21 et 40%.

Pour une part non négligeable des commerçants interrogés, les chiffres sont encore plus dramatiques. Ainsi, 13,8% font état d’une baisse des ventes comprise entre 41 et 60%, tandis que 5,7% évoquent un recul compris entre 61 et 80%. Un petit groupe de 1,1% fait même état d’une baisse comprise entre 81 et 100%. Au total, 20,6% des répondants estiment que la baisse de leurs ventes de cigarettes est supérieure à 40%. 

Vraag 8 tabaksenquete_FR
20,6% des répondants estiment que la baisse des ventes de cigarettes en 2025 par rapport à 2024 est supérieure à 40%

Les causes de cette baisse peuvent varier d’un magasin à l’autre. Les achats à l’étranger, le commerce illégal, l’évolution des habitudes tabagiques et la concurrence locale peuvent tous jouer un rôle. 

Interdiction temporaire de vente dans les grandes surfaces

Tous les libraires-presse interrogés ne voient pas leurs ventes de cigarettes reculer. C’est pourquoi Kiosk a également cherché à comprendre les raisons pour lesquelles certains commerçants parviennent à maintenir leurs chiffres de vente. Une explication ressort clairement: l’interdiction (temporaire) de vente de produits du tabac dans les grandes surfaces. Pas moins de 58,6% des répondants dont les ventes n’ont pas baissé attribuent cette situation à cette mesure. Selon eux, cela a poussé les clients à se tourner vers d’autres points de vente, notamment les librairies-presse.

Vraag 8bis tabaksenquete_FR
Parmi les commerçants n’ayant pas enregistré de baisse de leurs ventes, 58,6% attribuent ce phénomène, selon leur propre estimation, à l’interdiction (temporaire) de vente dans les grandes surfaces

Le contraste est frappant. Alors que certains librairies-presse sont durement touchés par la baisse des ventes de cigarettes, d’autres semblent justement tirer profit des changements intervenus dans le paysage de la distribution. 

Vente illégale de cigarettes

La dernière partie de l’enquête montre également que le commerce illégal préoccupe le secteur. Près de 84% des personnes interrogées déclarent être gênées par la vente illégale de cigarettes à proximité de leur magasin. Pour une grande partie des commerçants interrogés, cette concurrence n’est donc pas un problème abstrait, mais un phénomène auquel ils sont, selon leurs propres dires, directement confrontés.

Lorsque Kiosk demande ensuite où ces ventes illégales ont lieu ou par quels canaux les produits sont proposés, ce sont surtout les magasins de nuit qui sont cités. Pas moins de 63,2% des personnes interrogées ayant répondu à cette question complémentaire vont dans ce sens. Le transport de cigarettes en provenance d’Europe de l’Est est également cité de manière frappante. Pas moins de 44,8% des répondants mentionnent ce canal. Par ailleurs, 32,2% signalent des ventes illégales dans la rue.

Vraag 9 tabaksenquete_FR

Vraag 10 tabaksenquete_FR
Près de 84% des personnes interrogées sont gênées par la vente illégale de cigarettes. Les magasins de nuit (63,2%), le transport en provenance d’Europe de l’Est (44,8%) et la vente dans la rue (32,2%) sont les canaux concrets les plus fréquemment cités. Pour cette dernière question, plusieurs réponses étaient possibles

Il s’agit bien sûr des expériences et des observations des personnes interrogées, et non d’infractions officiellement constatées. Ces chiffres ne peuvent donc pas être généralisés à l’ensemble des magasins de nuit ou aux autres points de vente mentionnés. Ils montrent toutefois clairement à quel point le commerce illégal présumé est présent, selon les libraires-presse, dans leur environnement immédiat.

Les résultats de cette enquête reposent sur une consultation volontaire et ne peuvent être considérés sans réserve comme représentatifs de l’ensemble des librairies-presse belges. Ils constituent néanmoins un signal clair émanant du secteur.

Vous aimeriez ajouter quelque chose au sujet de cette enquête? Vous aimeriez apporter des nuances aux réponses réponse 'oui' et 'non'? N’hésitez pas à envoyer un e-mail à dvm@pmg.be. 

Faites un essai gratuit!Devenez un partenaire premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • newsletter hebdomadaire avec des nouvelles de votre secteur
  • l'accès numérique à 35 revues spécialisées et à des aperçus du secteur financier
  • Vos messages sur une sélection de sites web spécialisés
  • une visibilité maximale pour votre entreprise
Vous êtes déjà abonné? 

Wat heb je nodig

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 septembre 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine