Colégram à Gembloux, une nouvelle aventure pour un jeune couple
Croire en ses rêves
Il y a un peu plus d’un an, Remi Lejeune et Elisabeth Hermand reprenaient la librairie située près de la gare de Gembloux, une institution gembloutoise connue depuis 1931 sous le nom de Leberger et reprise ensuite sous la dénomination de Vilez. Et ce, malgré la difficulté du secteur où il est plutôt question de fermeture que d’ouverture et malgré qu’ils n’aient aucune expérience dans le domaine, juste l’envie de tenir un tel commerce. Et ils y croient dur comme fer et apportent leur approche personnelle et leurs nouvelles idées à cette librairie qui s’appelle désormais Colégram, un nom sorti d’une comptine enfantine et qui donne le ton.
Un ancien commerce de Gembloux
La librairie Colégram se situe près de la gare de Gembloux et a été créée en 1931 par la famille Leberger, anciens exploitants agricoles à Grand-Leez près de Gembloux. Trois générations s’y sont succédées jusqu’à Colette et Alain Leberger qui cèdent le commerce à la famille Vilez, il y a une dizaine d’années. Remi était facteur dans le quartier de la gare, tandis qu’Elisabeth a baigné dans les livres depuis sa plus tendre enfance.
Les contacts humains
La famille Vilez recherchait un repreneur. “J’ai toujours rêvé d’une librairie-presse”, nous raconte Remi. “J’adorais rester dans la petite librairie conviviale des parents de mon meilleur ami à Wépion. J’ai toujours aimé les contacts humains. Et quand j’ai appris tout à fait par hasard – et le hasard ici a bien fait les choses - que la librairie de la gare était à remettre, j’en ai directement parlé à ma compagne, dont les parents tenaient la Librairie des Facultés à Namur.”
Plan de gestion
“C’était évidemment un challenge”, nous dit Elisabeth, “nous n’avions absolument aucune expérience dans ces domaines que ce soit le commerce ou la librairie, mais dès le début, nous y avons cru dur comme fer.” Avant de se lancer dans l’aventure, ils font appel à un comptable et établissent un plan de gestion. Directement, le constat est là: les possibilités existent, mais il faut absolument conserver et même augmenter la clientèle. Au moment de la reprise, le magasin disposait d’un petit département maroquinerie et bijouterie de fantaisie. Dès le début, ils décident de supprimer ce département et de le remplacer par un coin avec des livres pour enfants, une des passions d’Elisabeth.
"C’est vrai, le secteur de la librairie n’est pas un secteur facile. On y compte plus de fermetures que d’ouvertures, mais nous restons convaincus que des possibilités existent"
Gain de place
Cela a permis de gagner de la place dans le magasin et d’avoir une meilleure visibilité de l’offre: journaux, magazines, cigarettes, livres, livres pour enfants, cartes de vœux (y compris des cartes spéciales pour les scouts), cartes routières, guides touristiques (Michelin et avec comme nouveautés Le Routard et Lonely Planet), la gamme Wonderbox, tous les articles de la loterie nationale, un peu de papeterie, un petit service de photocopies en dépannage (mais bien utile), etc. La façade de la librairie a également subi un lifting salutaire et moderne qui permet une meilleure visibilité depuis la rue et plus particulièrement depuis le chemin de fer qui longe la rue devant le commerce. Une belle façade bleu roi avec une jolie enseigne qui claque avec ses couleurs orange et fuschia. On sent bien que tout a bien été étudié, que les idées sont là et que l’envie de se démarquer reste une des préoccupations du couple.
Un coin avec des livres pour enfants
Mais la grande nouveauté du commerce depuis la reprise, c’est évidemment le coin avec les livres pour enfants qui se situe à l’arrière du magasin, ce qui fait qu’il faut traverser tout le magasin pour y avoir accès, assurant ainsi une belle visibilité de l’assortiment complet de la librairie. Maman de deux enfants (Clothilde de 4 ans et demi et Augustin de 7 ans), Elisabeth est très sensible à leurs lectures et avec Remi, ils ont donc décidé de développer ce département dédié aux livres et à quelques jeux pour enfants. Et on sait que l’offre de lectures enfantines est particulièrement large et originale aujourd’hui avec de nombreux livres de toutes les formes, du très grand au petit, à découpes, musicaux, etc. Et ça marche! Le bouch à oreille fonctionne à merveille ainsi que les posts réguliers d’Elisabeth sur les réseaux sociaux avec les nouveautés et les coups de coeur. “Le bouche à oreilles et les réseaux sociaux sont actuellement nos meilleures publicités”, nous dit Elisabeth.
Une approche personnelle
En quelques mois, ces deux jeunes ont insufflé leur approche personnelle à ce type de commerce. “C’est vrai, le secteur de la librairie n’est pas un secteur facile. On y compte plus de fermetures que d’ouvertures, mais nous restons convaincus que des possibilités existent. D’abord, notre librairie se trouve parfaitement située, près de la gare où il y a aussi un confrère. Nous voulons avant tout offrir un service et nous avons dû faire des choix. C’est pourquoi, nous avons petit-à-petit supprimé le département bijouterie et maroquinerie pour le remplacer par des livres, des sacs à dos et quelques jeux pour les enfants”, nous dit Elisabeth. Des livres qu’elle est à même de bien pouvoir conseiller puisqu’ils ont généralement été testés par ses propres enfants. “Ce sont mes testeurs personnels”, nous dit-elle, avec un grand sourire.
Diminution de l’assortiment papeterie
“Contrairement au succès constant des agendas et calendriers, l’assortiment de papeterie a diminué et nous offrons à nos clients le service de leur commander des articles plus particuliers. Aujourd’hui, il est particulièrement indispensable de s’adapter à la demande et d’être disponible pour nos clients”, estime encore Elisabeth qui ajoute “que c’est sans doute la seule manière de pouvoir contrer les ogres du net. Nous devons pouvoir nous montrer ouverts et disponibles aux différentes demandes.”
D’autre part, pour de nombreuses personnes, la librairie est l’occasion de sortir de chez soi et de parler à des gens. “Pour certains clients, nous sommes les seules personnes qu’ils verront de la journée. C’est pourquoi, nous devons être à leur écoute”, précise encore Rémi qui aime particulièrement les contacts humains.
"Il nous arrive aussi de participer à des actions avec des écoles comme celle de nos enfants a Tamines. Une autre façon de nous faire connaître"
Des idées plein la tête
“Des idées, nous en avons plein la tête. Ce que nous aimerions par exemple développer, ce sont les séances de dédicaces en magasin. Il est, en effet, impératif de se montrer, de faire venir les gens, c’est ce que nous faisons notamment en publiant régulièrement des posts sur Facebook et Instagram avec les nouveautés dans le magasin comme les livres pour enfants mais aussi les livres qui sont dans l’actualité avec des offres particulières, tout comme nous publions les gagnants ayant acheté leurs billets de loterie chez nous.” Une bonne idée qui fait parler de la librairie et qui donne envie de se rendre dans leur commerce.
“Il nous arrive aussi de participer à des actions avec des écoles comme celle de nos enfants à Tamines. Une autre façon de nous faire connaître.”
Organisation des horaires
Question organisation du magasin, c’est Rémi qui assure l’ouverture le matin à 7h30. “Le réveil sonne à la même heure que lorsqu’il était facteur”, nous dit Elisabeth qui prend, elle en charge de conduire les enfants à l’école. Ensuite, elle le rejoint au magasin qui ferme tous les jours à 18h00. Le magasin est fermé le dimanche et le samedi après-midi. “Cela semble bien convenir à notre clientèle, mais s’il le fallait, nous adapterions nos horaires en conséquence. Nous verrons bien. Nous restons toujours à l’écoute de notre clientèle, c’est le plus important.”“Dat lijkt onze klanten goed uit te komen, maar als het nodig zou zijn, passen we onze openingsuren aan. We zien wel. We luisteren steeds naar ons cliënteel, dat is het belangrijkste.”
Constamment en recherche de nouvelles idées
“Nous sommes constamment à la recherche de nouveautés et de nouvelles idées. Nous sommes convaincus que notre commerce va bien évoluer. Nous avons déjà augmenté, comme nous l’espérions, le nombre de clients. Les anciens sont restés et nous avons réussi à attirer une nouvelle clientèle avec nos livres pour enfants mais également avec nos guides du Routard et de Lonely Planet.
Nous essayons toujours de satisfaire nos clients en répondant à leurs attentes. Ils peuvent également passer par nous pour commander des livres que nous n’avons pas en magasin. A noter également que nous élargissons notre offre de livres en fonction des périodes de l’année. Ainsi, pour le moment, ce sont les livres sur le jardinage qui ont la cote”, nous dit encore Elisabeth.
Croire et vivre ses rêves
Le métier de librairie est passionnant, mais il faut surtout être disponible. “C’est avant tout une passion, un travail que nous apprécions tous les deux. D’ailleurs, nous travaillons davantage aujourd’hui que lorsque nous étions employés.
Mais aujourd’hui, quand nous nous levons, c’est un immense plaisir d’ouvrir la librairie. C’est vrai, pour le moment, nous gagnons moins qu’avant, mais nous faisons quelque chose que nous aimons. Personnellement, je m’épanouis en faisant ce métier. Nous avons cru en notre rêve et pour le moment, je ne regrette absolument rien”, conclut Rémi.