Le Conseil Supérieur de la Santé demande l'interdiction des filtres de cigarettes
et appelle aussi à une approche à l'échelle européenne

Fin avril 2023, le Conseil Supérieur de la Santé a fait le point sur l'impact des filtres à cigarettes sur l'homme et l'environnement. L'analyse montre que les filtres des cigarettes ne réduisent pas réellement les effets néfastes du tabagisme sur la santé. Du point de vue de la santé publique, ils n'apportent aucun bénéfice, tout en polluant l'environnement. Elle appelle donc à une interdiction au niveau européen.
Déchets
Les comptages par morceaux effectués par l'Agence flamande pour la gestion des déchets (OVAM) montrent que les mégots de cigarettes représentent 41% des déchets sauvages en Flandre. Les alternatives biodégradables ne sont pas non plus une bonne idée, selon le Conseil Supérieur de la Santé. Même si elles éliminent une partie du problème des microplastiques, des résidus toxiques se retrouveront toujours dans l'environnement. De plus, les fumeurs pourraient même être plus enclins à jeter leur mégot par terre en raison de l'image 'verte' trompeuse.
Diminution du nombre de fumeurs de cigarettes
Les filtres procurent une sensation buccale plus agréable, réduisent l'irritation sensorielle des voies respiratoires et empêchent le tabac de pénétrer dans la bouche. Des études suggèrent donc qu'une interdiction des filtres ne ferait que rendre le tabagisme moins attrayant. Une interdiction des filtres pourrait donc indirectement réduire le nombre total de cigarettes fumées.
Interdiction au niveau européen
La suppression du filtre dans les cigarettes n'aggraverait pas les effets néfastes du tabagisme sur la santé en général, pourrait réduire le nombre total de cigarettes fumées et
apporterait une partie de la solution à un problème environnemental évitable. Pour ces raisons, le Conseil Supérieur de la Santé recommande une interdiction générale des filtres, conformément à l'avis de l'Organisation mondiale de la santé. Les filtres doivent être considérés comme des produits plastiques à usage unique difficilement dégradables (SUP, ou Single-Use Plastics), au même titre que les sacs plastiques jetables, par exemple. Conscient du caractère international de cette question, le Conseil Supérieur de la Santé préconise que cette interdiction soit mise en œuvre tant au niveau national qu'international, et donc européen.
Enfin, le Conseil Supérieur de la Santé est et reste un défenseur d'un avenir sans tabac: l'engagement en faveur de la prévention et du sevrage tabagique doit rester un axe prioritaire pour protéger la santé publique.