Le gouvernement fédéral réduit encore le tabagisme
l'organisation sectorielle Cimabel se pose de nombreuses questions
Le gouvernement fédéral veut étendre l'interdiction de fumer qui existe déjà dans les bâtiments publics aux lieux publics extérieurs où se trouvent de nombreux enfants, tels que les plaines de jeux, les parcs d'attractions, les zoos et les fermes pour enfants, à partir de 2025. Le conseil des ministres restreint a examiné cette position début décembre, dans le cadre du plan anti-tabac.
Les plans
Voici ce qui est en préparation:
- Depuis 2009, il est déjà interdit de fumer dans les bâtiments accessibles au public, tels que les cafés et les restaurants. A partir du 1er janvier 2025, le gouvernement fédéral veut étendre cette interdiction de fumer à certains lieux extérieurs spécifiques (surtout les lieux où les enfants sont nombreux, mais peut-être aussi à l'entrée des hôpitaux et des écoles).
- D'ici avril 2023, il faut savoir quelles restrictions sont possibles sur les terrains de sport et les activités des organisations de jeunesse, comme les mouvements de jeunesse. Pour interdire le tabac, il faut une concertation avec les fédérations sportives qui organisent des compétitions sportives professionnelles dans les stades comme la Pro League en football.
- Le gouvernement fédéral souhaite également que les produits tabac puissent être vendus dans moins d'endroits. Par exemple, il veut interdire les ventes derrière le comptoir dans les café et dans les festivals (points de vente temporaires) à partir du 1er janvier 2025. Il veut ainsi éviter que les non-fumeurs soient spontanément tentés d'acheter des cigarettes et obliger les fumeurs à y réfléchir à deux fois avant d'en acheter.
- Il existe également un accord au sein du gouvernement pour mettre fin à la vente de tabac dans les magasins d'alimentation de plus de 400 m2 d'ici 2028. Il avait été décidé précédemment que les distributeurs automatiques de tabac seraient interdits partout, sauf dans les supermarchés. Cette interdiction entrerait en vigueur 12 mois après la publication au Moniteur, soit vraisemblablement en 2024.
- Même ceux qui semblent avoir moins de 25 ans devront bientôt montrer leur carte d'identité pour acheter des cigarettes. Certes, il y aurait d'abord une période de sensibilisation, les sanctions n'intervenant que plus tard pour les vendeurs qui continueraient à ignorer le contrôle d'identité obligatoire.
- Finalement, il a été décidé de rendre le tabac plus cher. L'ampleur et la manière de traiter cette question seront discutées au début de 2023. Le plan consiste maintenant à élaborer un plan national anti-tabac avec les régions.
Réaction de l'industrie
Cimabel, l’association sectorielle des fabricants de tabac, met en doute la faisabilité et l’utilité de certaines mesures du plan anti-tabac que le ministre Vandenbroucke a présenté début décembre.

et le commerce illégal
Les parcs d'attractions ont aussi des questions
"Que le ministre veuille réduire le tabagisme dans les lieux publics et certainement dans les lieux fréquentés par les enfants est une ambition justifiée", dit-on. "Cependant, la question est de savoir comment l’appliquer. Le fait que l’annonce suscite immédiatement des réactions de la part de parcs de loisirs tels que Plopsaland qui disent – à juste titre – ne pas pouvoir garantir l’application de la loi, met en évidence le problème: annoncer des mesures politiques sans consultation préalable des secteurs concernés est problématique et témoigne d’un manque de sérieux et de responsabilité politique."
A Plopsaland, qui accueille notamment de nombreux visiteurs français, on se demandait comment imposer cette interdiction aux visiteurs d'Outre-Quiévrain.
Armoires fermées
En ces temps de crise, les buralistes et tabacs-presse sont en mauvaise posture sur le plan économique. "Investir dans des armoires fermées pour cacher les produits du tabac à la vue de tous est probablement la dernière chose qu’attendent les commerçants", dit-on.
"En outre, le fait que les commerçants devront faire des efforts supplémentaires pour aller chercher les produits qui seront cachés, créera des problèmes supplémentaires déraisonnables, notamment en termes de relation-client et de sécurité. Encore un exemple de ce à quoi ressemblent les politiques si elles n’ont pas été discutées au préalable avec les secteurs concernés."
"les fumeurs ne sont pas des consommateurs impulsifs"
Selon Cimabel, les fumeurs ne sont pas des consommateurs impulsifs. "Le Ministre semble penser que le simple fait de voir un paquet de cigarettes incite les gens à fumer. C’est très discutable pour un responsable politique qui aime se vanter d’avoir une politique fondée sur des preuves."
"Il n’existe aucune preuve scientifique sérieuse que les fumeurs sont motivés par des achats impulsifs. En outre, les paquets d'aujourd'hui sont déjà neutres et comportent une image dissuasive, ce qui rend inutile une interdiction d'affichage."
Commerce illégal
"En revanche, il a été prouvé que le fait de cacher les produits du tabac et de les vendre (littéralement) 'sous le comptoir' favorise davantage le commerce illicite. Il suffit de constater les effets de l’interdiction d’étalage introduite en Irlande en 2009. Depuis, le commerce illicite y sévit… au détriment du commerçant, ainsi que des revenus du gouvernement."
