suivez la construction d'une villa française
Jean-Luc a réalisé lui-même la villa de ses rêves avec piscine dans le sud de la France. Comme il a également filmé l'ensemble du processus, nous pouvons suivre le projet de A à Z.
Transcription
<p>Lorsque Jean-Luc et sa femme Cathérine ont acheté il y a quelques années une vieille maison française avec gîte, ils avaient prévu d'y séjourner uniquement durant les étés. Mais finalement, ils n'auront pas attendu leur retraite pour s'installer complètement dans le sud de la France. Une fois le moment venu, Jean-Luc et Cathérine avaient déjà de grands projets. Près de leur maison en France se trouvait aussi un terrain à bâtir, où ils ont voulu construire deux gîtes, miroir l'un de l'autre, avec une terrasse donnant sur le paysage. Il y avait également de la place pour une piscine. Et ils souhaitaient réaliser tout cela eux-mêmes, avec évidemment l'aide de professionnels lorsque cela serait nécessaire et, bien sûr, d'amis et de bénévoles en quête de d’apprentissage.<br />Cet ambitieux projet d'auto-construction devrait prendre environ 250 jours. Bien que Jean-Luc, bricoleur enthousiaste, n'ait pas forcément l'expérience nécessaire pour construire une maison, il déborde déjà d'idées et se met au travail. Sa première décision a été de minimiser son impact sur le sol et, si possible, de ne pas employer de béton. Dès lors, dans la première phase, après l'obtention du permis de construire, une étude du sol s’est avérée indispensable. De cette manière, il lui a été possible de déterminer si des pieux vissés seraient une bonne option. Heureusement, ce fut le cas ; il y aurait 21 pieux vissés pour soutenir la maison et 3 sous la terrasse. Le géomètre est d'abord venu sur place pour déterminer l'alignement de l'habitation. Ensuite, le site a été nivelé à l'aide d'une grue. Et la piscine également a été creusée à ce moment.<br />Une entreprise spécialisée a installé les pieux vissés en deux jours. Les pieux vissés sont une alternative écologique au béton, car ils n'endommagent pas le sol. Comme ils sont vissés profondément dans la terre, ils peuvent supporter des constructions extrêmement lourdes.<br />Une fois les pieux vissés en place, l'excavateur est passé à l’action. Cette fois-ci afin de créer les tranchées pour les raccordements. Une fois au bon endroit, les tranchées étaient recouvertes.<br />Pour la prochaine phase, Jean-Luc se retrouvait avec un agenda assez serré: en 20 jours seulement, la maison devrait devenir étanche à l'eau et à l'air. Pour l'aider à réaliser la charpente en bois, il a fait appel à son ami Daniel, un charpentier namurois prêt à faire le voyage jusqu'au sud de la France pour ce projet. En outre, un certain nombre de bénévoles et d'artisans du quartier sont également venus lui prêter main forte.<br />Des poutres assez lourdes ont été placées sur les pieux vissés le long du périmètre. Des poutres transversales ont ensuite été placées entre elles. Toutes ces poutres ont été traitées et, en plaçant des plaques isolantes spéciales entre elles, on évite des remontées de l’humidité. Une mousse isolante a ensuite été injectée entre les jointures. Puis vint l'isolation en laine de bois entre les poutres. Et enfin, on a terminé avec la pose sur le dessus de la première plaque d'osb de 22 millimètres.<br />Après avoir ancré l'ensemble dans les pieux vissés, les poutres verticales des murs ont été remontées manuellement. Ici et là, des renforts horizontaux ont été prévus entre les deux. Les structures verticales ont été ancrées à la base. Une fois les poutres en place, elles ont été recouvertes de panneaux d'isolation résistant à l'humidité.<br />Pendant la finition des murs, Jean-Luc a commencé à travailler sur les traverses du plafond, sur lesquelles des panneaux OSB ont ensuite été fixés. Au premier étage, il pouvait alors installer les murs de la même manière qu'au rez-de-chaussée. Ensuite, ceux-ci ont également été recouverts avec des panneaux d'isolation.<br />Jean-Luc a été assisté par un couple d'ingénieurs bénévoles qui l’ont aidé à calculer la pente des fermes de toit. La ferme du toit a finalement été construite à l'aide de poutres de soutien et de poutres transversales. Des panneaux de bois robustes ont été posés sur le toit pour le rendre étanche à la pluie.<br />Il était temps de s’attaquer aux fenêtres et portes. Tout s'est déroulé en trois étapes : mettre les fenêtres en place, les aligner et les fixer. Evidemment, la grande fenêtre coulissante aura nécessité une main-d'œuvre supplémentaire.<br />L'EPDM a été employé pour les toits-terrasses. En tant qu’auto-constructeur, vous posez assez facilement ces éléments vous-même. Le mieux consiste à le faire en une seule pièce, en dépliant une partie et en collant le support OSB avant de poser l'EPDM dessus. Il est important qu'il n'y ait pas de plis et que les bords du toit soient bien couverts. Dans les coins, réalisez un double pli pour éviter les infiltrations d'eau. L'excédent d'EPDM doit ensuite être coupé.<br />La maison a été scellée en moins de vingt jours. Il était donc temps de procéder à l'isolation. Jean-Luc a opté pour des plaques de laine de bois de 18 centimètres d'épaisseur. Elles ont été fourrées entre les poutres, où elles resteront sans vis ni colle. Une couche supplémentaire d'isolation acoustique a été ajoutée à la cloison entre les deux maisons de vacances pour minimiser la transmission du son. Enfin, un pare-vapeur a été placé partout contre l'isolation, collé avec un ruban d'étanchéité à l'air.<br />L'escalier, comme prévu par Jean-Luc, serait en deux parties, séparées par le palier. Avant de construire l'escalier, Jean-Luc a d'abord déterminé la hauteur des marches pour qu'elles soient confortables à emprunter. Il a également pris en compte les couches qui se trouveraient au-dessus de la construction en bois. L'espace sous l'escalier, qui aurait autrement été perdu, sera par la suite employé comme espace de rangement.<br />Pendant ce temps, les travaux se poursuivent à l'extérieur. La façade a été équipée de panneaux isolants, à l'aide de chevilles.<br />Le toit fut recouvert de tuiles. Des poutres triangulaires ont servi de base. Une fois toutes fixées à la sous-structure, les tuiles ont pu être collées rangée par rangée.<br />Il était temps d’effectuer les raccordements en intérieur. Dans presque tous les murs et plafonds, une ouverture d'environ 2,5 centimètres avait été laissée pour permettre de les tirer. Comme Jean-Luc n'est pas très compétent dans le domaine de l'électricité et qu'il a privilégié la sécurité il a opté pour une boîte de raccordement précâblée. De cette façon, il n'avait qu'à suivre le manuel étape par étape et tout lui prenait beaucoup moins de temps. Précisons que toute son installation a ensuite été minutieusement contrôlée par un organisme de contrôle agréé.<br />Il restait à raccorder le câblage électrique, à commencer par celui des spots intégrés. Grâce à un schéma d’installation obtenu chez son fournisseur de boite de raccordement précâblées, la tâche n'aura pas été trop complexe. Enfin, la connexion au boitier aura été un jeu d'enfant car chaque fil était déjà étiqueté, de sorte qu’il suffisait de suivre le schéma pour voir où tout connecter. Et c’est donc sans surprise que le controleur a finalement approuvé toute son installation.<br />Après la plomberie et la ventilation, les murs et les plafonds ont été recouverts d'une couche de plâtre. Pour cela, Stéphane, l'ami de Jean-Luc, est venu à la rescousse, sachant que c’était sa spécialité.<br />Pour les murs, Jean-Luc a largement opté pour un enduit à base d'argile en quatre teintes. Pour la douche et le lavabo, il a choisi un type différent. Les plâtres employés devaient se mélanger de manière à être maniables mais pas trop liquides. Si vous en faites un tas sur votre spatule qui se renverse lorsque vous l'inclinez, alors vous avez trouvé le ratio parfait. Pour un effet encore plus naturel, Jean-Luc a ajouté des fibres de paille.<br />Comme revêtement de sol, Jean-Luc a opté pour des tapis de liège souples. Comme ils devaient reposer sur une surface aussi plane que possible, ils ont d'abord collé des plaques de plâtre sur l'osb. Le liège pourrait alors être collé à cette dernière. La colle écologique employée ici présente l'avantage supplémentaire de ne pas sécher immédiatement et de rester ajustable pendant un certain temps, vous permettant d’encore déplacer un peu les tapis de liège si nécessaire. Il est important de presser ou de tapoter les tapis de liège fermement en place et d'essuyer immédiatement l'excès de colle qui s'échappe des joints avec une éponge ou un chiffon humide. De cette façon, non seulement les sols ont été achevés, mais aussi les marches. Ensuite, le bouchon a également reçu une couche d'huile.<br />Jean-Luc a pu commencer à meubler les chambres. La cuisine ayant été construite à l'aide d'un kit à monter soi-même, il a d'abord assemblé les armoires, avec l'aide d'un volontaire, puis les a mises en place, en commençant par les pièces les plus basses. Le plan de travail a également bénéficié de quelques couches de béton, appliquées à la spatule. Puis ce fut le tour des armoires encastrées, de la douche et du lavabo de la salle de bains.<br />Jusqu'à présent, la façade était restée ouverte. Jean-Luc voulait des lambris en pin pour l'étage supérieur. Les poutres ont été fixées horizontalement à des sous-poutres verticales. Avec le surplus, déjà réduit au minimum, Jean-Luc fabriquera plus tard les volets des fenêtres.</p> <p>Pour le rez-de-chaussée, en revanche, il a opté pour un enduit décoratif, qu'il a appliqué contre les panneaux d'isolation.<br />Les toits-terrasses déjà équipés d'EPDM, il s'agissait à présent de les achever. Ce qui a été fait ici en posant d'abord des montants, sur lesquels des poutres inférieures ont été fixées. Des panneaux de bambou ont ensuite été placés par-dessus. Comme pour la pose de stratifié, l’excédent de la rangée précédente est chaque fois employé pour entamer la suivante.<br />Pour la grande terrasse donnant sur le paysage, Jean-Luc n'a pas opté pour des montants mais a fixé les poutres inférieures de manière flottante, à distance du sol. Les planches de bambou furent fixées à ces dernières.<br />L'étape suivante fut la balustrade. Les pieds étaient fixés aux poutres inférieures de la terrasse, puis les panneaux de bambou les recouvraient. Les profilés métalliques de la balustrade ont d'abord reçu deux couches de peinture anticorrosion. Après avoir vissé les profilés, le revêtement a été fabriqué à partir de panneaux de bambou restants, coupés en deux, débarrassés de leurs rainures et pliés sur les bords.<br />Une fois le plâtre bien séché, Jean-Luc a pu recouvrir les appuis de fenêtre. Il a employé des feuilles de métal, sur lesquelles on peut tracer une forme comme on le ferait sur du papier, puis il les a sciées. Il a ensuite collé les feuilles sur les rebords des fenêtres.<br />Ensuite, Jean-Luc a également construit la charpente de la pergola qui couvrirait cette terrasse. Une construction lourde, mais grâce à l'élévateur à plaques, ils ont pu la mettre en place assez rapidement.<br />Bien sûr, une villa française comme celle-ci ne pourrait pas se passer d'une piscine. Il s'agissait d'abord de délimiter la zone, puis de recouvrir le fond d'un géotextile. Par-dessus, il y aura une couche de gravats, ensuite nivelée. Et la piscine hors-sol a été construite par-dessus. Et juste à côté des marches, Jean-Luc a construit une petite terrasse supplémentaire d'où l'on peut sauter dans l'eau.<br />Et donc après 250 jours de travail intensif et grâce à l'aide de nombreux amis et bénévoles, ce projet a finalement pu se terminer. Les deux gîtes n'avaient plus besoin que d'un bon nettoyage à l'intérieur. Ensuite, les maisons ont meublées et prêtes à être occupées par des locataires. Bien que pour Jean-Luc, ce projet ait été un grand saut dans l'inconnu, il peut finalement être très satisfait. Fort de sa propre expérience, il souhaite motiver d'autres passionnés à sortir de leur zone de confort et à construire leur propre maison. Si vous souhaitez être guidé par Jean-Luc, surfez sur www.jebatismamaison.com. Parce que, pour reprendre les mots de Jean-Luc, “L’aventure, même pas peur!”</p>