betFirst: "Le nouvel AR relatif aux paris sportifs est une catastrophe"
L'arrêté royal fixant les contours de l'activité complémentaire exercée par les libraires est en vigueur depuis six mois. Kiosk en a discuté avec Alexis Murphy, CEO de betFirst Group.
Bonjour, Alexis. Six mois après l'entrée en vigueur de l'AR, avez-vous maintenant une idée plus précise de l'impact sur les librairies?
Alexis Murphy: "Cela a été catastrophique. Beaucoup de bonnes librairies ont dû réduire leurs activités afin de ne pas dépasser la limite de 250.000 euros, ce qui signifie qu'elles perdent des revenus non seulement des paris mais aussi de leurs autres marchandises. Cependant, les paris n'ont pas disparu, ils se sont simplement déplacés en ligne, dans des agences de paris (détenues à 90% par deux multinationales) ou chez des opérateurs illégaux."
Quel est votre point de vue sur les différentes règles de cet AR? Comment les changeriez-vous?
Alexis Murphy: "Nous n'imposerions pas une limite des mises à 250.000 euros. Ce montant peut sembler élevé mais il ne reste au libraire que 34.000 euros environ avant de devoir payer l'opérateur et d'autres factures. Les librairies qui tournent bien doivent maintenant fermer en raison de leur succès."
Cette nouvelle législation n'était-elle pas nécessaire au vu de l'évolution du marché ces dernières années? De nombreuses librairies ressemblaient davantage à un temple du jeu qu'à un kiosque à journaux.
Alexis Murphy: "Sur 1.400 librairies, il y avait peut-être 100 points de vente problématiques. Ces derniers auraient pu être fermés avec d'autres mesures qui ne pénalisaient pas toutes les librairies."
Selon vous, quelle serait une législation juste et correcte, acceptable pour toutes les parties?
Alexis Murphy: "Une limite plus élevée des mises serait plus normale. Une ouverture jusqu'à 22 heures permettrait aux librairies qui sont également des magasins de proximité légitimes de continuer à offrir un service à leurs clients. Les librairies doivent pouvoir conclure des contrats d'exclusivité; c'est une liberté commerciale. Les règles applicables à la presse (25.000 euros de chiffre d'affaires et 200 titres) ne sont pas pérennes. Il serait préférable d'utiliser un certain pourcentage des revenus totaux."
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