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15/03/2019 - TOM D'HALLUIN

'VAGUE DE FERMETURES DE SUPERMARCHES EN VUE'

'L'évolution vers la livraison à domicile porte préjudice au détail'

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Envoyez votre vision ou vos remarques concernant cet article à Tom D'Halluin, rédacteur en chef de votre magazine Retail. Dans une prochaine édition, nous nous attarderons dessus et examinerons ce que les supermarchés belges peuvent faire pour s'en sortir.

30% des magasins vont travailler à perte

Nils van Dam
Nils van Dam: 'Des supermarchés physiques subsisteront, mais ils marcheront surtout dans des régions à forte densité de population où beaucoup de gens travaillent auss

Duval Union Consulting s'attend à ce que 30 à 40% des supermarchés doivent mettre la clé sous le paillasson au cours des 10 prochaines années à cause d'un manque de rendement. Une évolution vers la livraison à domicile notamment de nouveaux acteurs porte lourdement préjudice au détail.
“Les frais fixes élevés du secteur jouent également un rôle. La marge nette du détail alimentaire dans le Benelux est, en outre, déjà assez réduite, en moyenne quelque 3%. Principalement parce que les supermarchés doivent notamment rivaliser sur le plan du prix“, déclare Nils van Dam, consultant de Duval Union Consulting, un bureau influent dans le domaine des transitions numériques. “Les frais fixes fluctuent entre 60 et 70% du chiffre d'affaires. Les grandes chaînes ne doivent en moyenne céder que quelque 3% aux nouveaux acteurs en ligne pour voir leur marge passer sous 1%. Cela signifie qu'environ 30% des magasins vont travailler à perte.“

Eclaircissement du parc de magasins

Jusqu'ici, le marché de l'alimentaire semblait échapper complètement à l'éclaircissement du parc de magasins avec les consommateurs commandant de plus en plus via Internet. Mais bien que les grandes chaînes de supermarchés ouvrent actuellement un nombre étonnant d'établissements, l'arrivée de nouveaux acteurs en ligne n'ayant pas de frais de magasin fixes et l'essor de la livraison à domicile inverseront rapidement cette tendance.
“Des chaînes comme Albert Heijn et Jumbo demandent de l'argent pour la livraison à domicile. Elles sont quasiment obligées car sinon, cela est impossible à payer avec tous les magasins physiques qui sont aussi toujours opérationnels“, explique Van Dam. “Lorsqu'Amazon et d'autres nouveaux acteurs pénètrent sur le marché néerlandais, ils ont des avantages majeurs par rapport aux supermarchés existants. Ils n'ont pas de magasins coûtant de l'argent et peuvent donc proposer une livraison à domicile gratuite. Ils gagnent, en outre, surtout de l'argent avec les données qu'ils collectent et revendent ensuite aux annonceurs. Et oui, il y a une question de respect de la vie privée, mais les gens l'utilisent tout de même. Nous sommes aussi toujours sur Facebook et posons les questions les plus intimes à Google“, poursuit Van Dam.
Des supermarchés physiques subsisteront, mais d'après Van Dam, ils marcheront surtout dans des régions à forte densité de population où beaucoup de gens travaillent aussi. “Il est alors facile d'acheter rapidement quelque chose. Les grands supermarchés XL en dehors des villes seront les premiers à fermer. Le détail belge est sur ce plan bien plus vulnérable.“

Peut-on éviter le naufrage?

Les grandes chaînes peuvent-elles encore faire quelque chose pour éviter ce scénario catastrophe et préserver l'emploi? Van Dam: “Selon un large consensus, il doit y avoir plus de choses à vivre dans les supermarchés. On pense à un restaurant dans le magasin, à des coins 'café', à des dégustations, à des ateliers de cuisine et aux USA, ils donnent même des cours de yoga dans les magasins de denrées alimentaires. Mais cela ferait vraiment une différence si les grands supermarchés adaptaient peu à peu leur modèle; prévoir plus vite les magasins au bon endroit et se tourner plus vers la livraison à domicile. Collectez et utilisez aussi plus les données des clients comme Ahold le fait déjà avec la carte bonus et la combinaison avec bol.com. Soyez surtout conscient que les supermarchés n'échapperont pas non plus à la révolution numérique, réalisez des investissements orientés vers le futur et adaptez l'infrastructure. Des fermetures de magasins forcées et des pertes d'emploi pourront ainsi peut-être être évitées.“

A propos de Nils van Dam

Nils van Dam peut se targuer de plus de trente années d'expérience dans l'industrie alimentaire. Il a occupé différents postes de dirigeant au niveau mondial, européen et local chez Unilever, AB InBev et Censydiam. Il a travaillé dans le marketing, la vente et la direction générale. En tant que CEO d'Unilever Belgique et Luxembourg, il a transformé l'entreprise durant 6 années en vue de l'adapter aux évolutions digitales du marché. Nils est passionné par la construction de marques avec un objectif et des processus de changement.
En 2018, Nils a rejoint Duval Union Consulting en tant que global head of Food, Beverage & Food Retail. Duval Union Consulting accompagne des entreprises tout au long de leur transformation digitale. La ville de Rotterdam, Sanoma et Volvo Trucks font notamment partie de son portefeuille.